Titre

Corps et vêtement féminins de la petite enfance au mariage en Grèce ancienne

Auteur Elodie BAUER
Directeur /trice Véronique Dasen
Co-directeur(s) /trice(s) Florence Gherchanoc
Résumé de la thèse Depuis une quinzaine d’années, l’étude du vêtement antique connaît un intérêt croissant dans le domaine de la recherche. Utilisé de tous temps, d’une part pour se protéger et couvrir le corps, d’autre part comme code visuel inséré dans un système de normes sociales collectives, le vêtement est « un objet à la fois historique et sociologique » (Barthes 1957). En 1974, Yvette Morizot, spécialiste des offrandes de vêtements dans les sanctuaires grecs, affirmait qu’« il n’est pas possible d’écrire une véritable archéologie du costume grec ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Le projet sur le corps vêtu/dévêtu mené par Florence Gherchanoc et Valérie Huet à Paris (2007–2011) a relancé l’étude du sujet dans sa dimension sociologique et culturelle et ouvert de nombreuses pistes qu’il reste à explorer pour l’Antiquité grecque, notamment du point de vue iconographique et archéologique. Notre projet concerne le vêtement féminin, y compris coiffures et ornements, en Grèce classique (env. 480–330 av. J.-C.), traité selon une démarche pluridisciplinaire, à la croisée des données archéologiques, iconographiques et écrites. Il se compose de deux parties. La première suit le parcours de la vie féminine menant de l’enfance au mariage au travers du prisme des usages et pratiques du vêtement. Dans l’Antiquité grecque, l’enfance, qui se termine avec le mariage pour les filles, ne forme pas un continuum, mais se divise en étapes accompagnées d’actes rituels où tissus, coiffes et ornements jouent un rôle important. Nous réunirons et analyserons pour chaque étape les traces des parures vestimentaires et des bijoux des filles qui constituent une des facettes de la matérialité de ces rites de passage. Nous chercherons à déterminer dans quelle mesure ces vêtements et accessoires participent à la construction de l’identité féminine et changent selon les catégories d’âge, le statut social, les lieux et l’ethnicité, par exemple entre Athènes et d’autres régions du monde grec (Béotie, Laconie, Italie du Sud…). L’examen des lois somptuaires qui règlementent le costume et la parure des femmes en contexte public et religieux permettra aussi de saisir les formes et l’importance de l’impact des normes sociales sur les codes vestimentaires féminins. La seconde partie du projet concerne la dimension archéologique des vêtements. La matérialité des textiles sera étudiée au moyen de l’archéologie expérimentale qui nous permettra de préciser les informations fournies par l’iconographie et les textes anciens. Ce domaine de recherche est en pleine expansion grâce à de nouvelles méthodes d’analyse. Les études récentes de tissus grecs de l’époque classique ont révélé des aspects jusqu’ici méconnus de la nature des étoffes et de leur mode de fabrication (uni ou non, brodé, imprimé…). Les reconstitutions réalisées au moyen de l’archéologie expérimentale permettent d’une part de comprendre plus précisément la valeur économique et culturelle des matériaux textiles en Grèce ancienne, d’autre part de saisir l’ergonomie réelle du vêtement féminin sur un corps en mouvement ou immobile (poids, encombrement, transparence ou opacité), que les images ne transmettent qu’imparfaitement. Ces éléments peuvent ainsi nous aider à évaluer les contraintes que le vêtement imposait aux corps des filles selon leur âge et statut social. Notre objectif est d’apporter une contribution novatrice sur les codes vestimentaires des filles grecques, d’analyser leur mise en œuvre dans le cadre de pratiques rituelles et sociales, et de saisir leur impact sur la mobilité et plus largement sur la place des femmes dans la société grecque.
Statut au début
Délai administratif de soutenance de thèse
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