Titre

"I am not an utero on legs": Becoming Women without Kid

Auteur Vanessa Brandalesi
Directeur /trice Prof.e Laura Bernardi
Co-directeur(s) /trice(s)
Résumé de la thèse Cette étude sociologique s’intéresse à la construction et déconstruction des identités autour de la maternité et de son absence. Dans un contexte où les rôles sont fortement genrés, nous nous interrogeons sur les représentations sociales que génère la maternité. Comment cette identité, multidimensionnelle, qui résulte d’un processus de normalisation, affecte et produit des incidences, de quel que type qu’elles soient, sur les parcours de vie des actrices sans enfant? Cette thèse vise à rendre compte de cette réalité au travers d’entretiens menées auprès de femmes sans enfant, en couple hétérosexuel, et de leur partenaire (N=68), issues de trois cohortes différentes : ’50, ’60 et ’70 résidantes en Suisse. L’analyse de discours nous permettra de dresser une esquisse des normes sociales associées à la maternité et leurs répercussions dans le parcours de vie des individus sans enfant. Les actrices sociales (et les acteurs sociaux) sont exposé à une transition attendue qu’elles n’ont pas réalisé ou qu’elles n’ont pas encore réalisé : devenir mère. Ces individus mobilisent des registres discursifs qui démontrent que les actrices sociales (et les acteurs sociaux) appliquent des formes d’agency. En effet, nous supposons que la condition de « sans enfant » puisse se traduire dans une forme de vulnérabilité qui peut se présenter comme un manque de ressources relationnelles et identitaires. Les individus sans enfant seraient par conséquent amenés à déployer des stratégies que nous définissons comme des formes agency. A l’aide des cartes de réseaux sociaux et des entretiens, nous nous intéresserons à la présence, de ce que les démographes ont nommé, la norme à la fécondité, dans les configurations des individus sans enfant. De plus, nous visons à saisir les mécanismes de la mise en œuvre de cette norme. In fine, nous analysons le discours émis par les femmes sans enfant sur le corps (non)-maternel. Comment au travers d’une identité qui s’écrit à la négative, les femmes qui sont dans un processus de childlessness, construisent au travers d’un discours propre au langage de la maternité, leur identité féminine dans un régime de genre ? L’originalité de cette thèse est d’adopter une perspective de genre et des parcours de vie pour analyser un phénomène largement étudié par les démographes. La perspective des parcours de vie nous conduit dans notre analyse à nous intéresser aussi bien aux dimensions structurelles et leur(s) agencement(s) qu’à l’individualité des récits biographiques. Notre regard analytique se concentre alors sur l’interaction des normes et leurs répercussions dans un parcours biographique. Quant à la perspective de genre, nous la mobilisons pour accéder aux dimensions de la construction symbolique des identités autour de la maternité. Il existe une tension dans le rapport à la maternité puisqu’elle construite en altérité à d’autres identités de genre et résonne dans un système où la reproduction est perçue comme un enjeu tant au niveau individuel qu’au niveau plus sociétal. Ces deux perspectives se rejoignent dans leur approche de l’aspect normatif qui se dégage de notre objet : la maternité et son absence. Notre démarche méthodologique, qualitative, des entretiens semi-directifs, nous permet de cerner le rapport aux normes, l’intériorisation et la compréhension qui en est faite par nos actrices sociales.
Statut en cours
Délai administratif de soutenance de thèse 2016
URL
LinkedIn
Facebook
Twitter
Google+
Xing