Detailed information about the course

[ Back ]
Title

Savoirs ’marginaux’ et genre en santé

Dates

14-15 octobre 2020

Organizer(s)

Mme Milana Aronov, UNIL M. Leonard, UNIL-CHUV Mme Armel Weil, UNIL Mme Izel Demirbas, UNIL

Speakers

Prof. Alexandra Rutherford, Université de York, CA Dre Christine von Oertzen, Max Planck Institut for the History of Sciences, Berlin, DE Prof. Mathew Thomson, Université de Warwick, UK Dre Aude Fauvel, UNIL-CHUV Dre Cynthia Kraus, UNIL

Description

Le module consistera en ateliers répartis sur 2 jours. L'ensemble des ateliers combinera des présentations d'intervenant·e·s spécialistes en études genre et en études sociales et historiques de la médecine; des ateliers de lecture animés par les organisateur·trice·s et les intervenant·e·s; puis des discussions collectives sur des aspects thématiques proposées par les doctorant·e·s à partir de leurs recherches. Selon les possibilités de ce faire, une visite des archives de l'Ecole de la Source ou du Musée de l'Art Brut sera organisée pour clore ces 2 jours. Les débats historiographiques de ces vingt dernières années ont permis de saisir les valeurs normatives sous-jacentes aux notions de «science populaire» et de «marges». La mise en lumière de la nature relationnelle et dialogique de celles-ci s'est révélée heuristique, d'une part, pour questionner les catégories d'acteur·trice·s, les pratiques et les espaces de production, de circulation et d'appropriation des savoirs. Penser les «marges» et les pratiques de «marginalisation» a permis, d'autre part, d'interroger à nouveaux frais, sur la longue durée, les jeux de pouvoir, de réciprocité et de démarcations au travers desquels des disciplines scientifiques se sont consacrées à définir les normes de leur scientificité, engageant à réfléchir sur la nature relative et contingente des dichotomies «professionnel/amateur», «élite/populaire», «expert/profane», «marge/centre», «hégémonique/oppositionnel», etc. [Kail, 2008; Topham & al., 2009; Fauvel & al., 2016]. De ce point de vue, les propositions d'historien·ne·s tel·le·s que Matthew Thomson [2006] et Christine von Oertzen [2013], de mobiliser la notion de genre comme catégorie analytique des savoirs scientifiques et médicaux ont particulièrement contribué à attirer l'attention des chercheurs sur la façon dont ces savoirs étaient produits ailleurs qu'à l'université et à nourrir les réflexions sur les catégories de «populaire» et «académique». En contrepoint de ces travaux sur les espaces et pratiques de production, ceux de la philosophe Cynthia Kraus [2013] sur le «cerveau sexué», des historiennes Alexandra Rutherford [2015] sur la psychologie féministe et Aude Fauvel [2016] sur l'histoire des usager·e·s la psychiatrie interrogent, dans une perspective critique, les rapports de force déployés autour des usages des savoirs «psy» qui ont structuré les relations entre les études genre et les champs de la psychologie et de la psychiatrie dès les années 1960. Globalement, ces initiatives ont aussi démontré les apports de l'étude de groupes d'acteur·trice·s dits «marginalisé·e·s» et/ou de sources «marginales» dans l'histoire de la santé et du soin [Fauvel, Dupont, 2018]; un domaine d'études qui, peut-être plus que d'autres, a longtemps été dominé par des récits mettant en avant des figures de grands pionniers découvreurs (généralement des médecins – occidentaux, blancs et masculins). Dans le prolongement des réflexions entreprises dans le cadre d'un atelier doctoral réunissant des doctorant.e.s de l'Institut des humanités en médecine (CHUV-UNIL) et de l'Institut de Psychologie (UNIL), ce module vise donc à réfléchir collectivement, avec des doctorant·e·s en études genre, sur les apports et les limites de la notion de «marges» dans le domaine de la recherche en sciences sociales et en histoire de la médecine et de la santé pris au sens large. Il s'agira notamment d'aborder les questions suivantes: Définitions - Comment peut-on articuler les notions de genre et de «marges» en sciences sociales et histoire de la médecine? Comment traiter, notamment, de la question maintes fois posée d'un savoir du corps et du soin qui serait spécifique aux femmes? - Comment revisiter les grands récits fondateurs de l'histoire médicale et du soin sans pour autant tomber, d'une part, dans une forme de déconstruction révisionniste et, d'autre part, d'une héroïsation inverse des acteur·trice·s «marginales» et «marginaux»? - Au vu des usages de la notion de genre par exemple dans le domaine des sciences «psy», à la fois comme catégorie descriptive et analytique, comment entreprendre une histoire compréhensive de ce domaine, qui place le genre ou le féminisme au centre de son récit? Archives - Quelles méthodologies, quelles sources employer pour produire un récit des «marges» en histoire de la médecine et de la santé? - Quel bilan peut-on tirer des premières explorations des théories, pratiques et savoirs de santé par les «marges»? Pratiques - Comment assumer le paradoxe de l'étude des «marges» en étant soi-même inscrit·e dans une carrière académique? - Quel impact d'une histoire des femmes dans les sciences médicales sur les pratiques des chercheur·e·s et praticien·ne·s dans ces domaines

Location

Lausanne, École de La Source et/ou Musée de l’Art Brut

Information
Places

20

Deadline for registration 20.09.2020
short-url short URL

short-url URL onepage